Un patient de l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) à Paris retrouvé mort

Selon leparisien.fr, le mardi 31 janvier 2017, un agent de sécurité a découvert le corps sans vie d’un patient disparu depuis le samedi matin 28 janvier du service de médecine interne et gériatrie, au 8ème étage de l’HEGP : l’homme gisait dans une sortie de secours de parking, un accès excentré et « très peu utilisé », selon un représentant du personnel. Le quotidien en ligne leparisien.fr ajoute que cet homme avait été transféré dans ce service de l’HEGP depuis l’hôpital Sainte-Anne (XIV ème arrondissement) le mercredi précédant. L’HEGP est un établissement membre de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Dans son édition du 2 février 2017, leparisien.fr donne des précisions et rend compte des réactions de la famille du patient :

« Jean-Pierre avait 47 ans. Il y a 8 mois, une mauvaise chute dans un escalier avait entraîné une commotion cérébrale aux séquelles assez lourdes pour exiger son hospitalisation. Aux troubles du langage, de la mémoire, aux crises d’épilepsie et à sa grande désorientation, s’était ajoutée, la semaine dernière, une embolie pulmonaire qui avait nécessité son transfert à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP), à Paris, dans le XV ème arrondissement. Mais c’est peut-être de froid, de panique et de fragilité conjuguées qu’est mort cet homme dont le corps a été retrouvé, mardi après-midi, dans un coin isolé d’une sortie de parking de l’hôpital.

Pendant 3 jours, 3 nuits, l’alerte déclenchée pour une «fugue» avait déployé personnels de services, agents de sécurité, policiers et même renforts de pompiers dans les moindres recoins de toutes les ailes de l’HEGP. Jusqu’aux sous-sols, dont la direction de l’AP-HP affirme qu’ils ont été «inspectés, comme l’ensemble des locaux, dimanche puis à nouveau lundi». En vain. C’est pourtant dans le sous-sol et son dédale relativement facile d’accès, entre parkings, machineries et réduits techniques, que le patient a fini par se perdre un peu plus.

Aujourd’hui sa famille, effondrée, demande à comprendre.
Pour le père et les 7 frères et sœurs de Jean-Pierre, qui ont été reçus mardi par la direction de Pompidou, les explications fournies par l’AP-HP sont trop courtes. «Comment cet homme vêtu d’une simple chemise d’hôpital et pieds nus, très affaibli et tenant à peine sur ses jambes, incapable de se nourrir seul ni même de tenir un verre d’eau, a-t-il pu fuguer ? », demande l’un de ses frères. « Et comment a-t-il pu partir du 8ème étage pour se rendre au sous-sol niveau -1, sans avoir été vu par personne, ni par aucune caméra de surveillance ? »

C’est l’une des failles que pointait déjà, mardi après-midi, un responsable syndical des personnels de l’hôpital, soulignant que « la surveillance d’un aussi grand établissement, où il suffit d’appuyer que le -1 de l’ascenseur pour se retrouver au sous-sol, exige du personnel » . «Les équipes étaient au complet, défend de son côté l’AP-HP, et les rondes habituelles ont été complétées par des recherches ciblées sur la disparition du patient, à plusieurs reprises durant le week-end».

Selon les proches également, encore sous le choc, les recherches n’auraient réellement démarré que samedi après-midi, plus de 7 heures après la disparition de Jean-Pierre.
L’hôpital aurait aussi refusé l’aide proposée par l’une des soeurs de Jean-Pierre, et saisi les services de police seulement le lundi matin. Deux jours plus tard. « Nous remuerons ciel et terre afin que toute la lumière soit faite sur ce drame, répète son frère, entre chagrin et colère. Mon petit frère est mort dans une atroce agonie, dans un couloir fermé par deux portes coupe-feu… Ce n’est pas normal ». Une autopsie a été ordonnée, dont les résultats, primordiaux pour expliquer la cause du décès de Jean-Pierre, n’ont pas encore été communiqués.
Aujourd’hui la direction de l’AP-HP temporise mais se défend, à l’appui de la « mission d’enquête et d’analyse » ordonnée mardi, en marge de l’enquête de police. « Le recueil des données est en cours, les conclusions sont attendues mi-février », indique la direction générale. »