Surmortalité des personnes psychiatrisées, des jeunes femmes surtout

Les résultats d’une étude sur la surmortalité des personnes suivies en psychiatrie en région Nord-Pas-de-Calais ont été présentés par la Dr Claire-Lise Charrel, référente Mopsy, F2RSM des Hauts-de-France,  le 11 octobre 2016 à Lille, lors d’une journée scientifique concernant la recherche en psychiatrie. Elle a été réalisée durant l’année 2013 et porte sur la mortalité de patients ayant été hospitalisés en psychiatrie en 2008 et 2009. Dans un article paru dans L’Altermondialiste N°30 (janvier-février 2013), intitulé Sale temps pour les psychiatrisés, nous dénoncions l’absence en France d’études statistiques récentes sur le phénomène de surmortalité et donc de durée de vie inférieure des personnes subissant les « soins » psychiatriques, phénomène démontré par des études à l’étranger (Canada, Belgique, Finlande notamment). La dernière étude rigoureuse sur la question en France portait sur l’année 1976 et fut publiée en 1981.

En 2013 comme en 1976, la surmortalité est énorme. 10, 3 % des ex-hospitalisés étaient décédés au 31 décembre 2013, soit un taux de mortalité quatre fois supérieur à la moyenne dans cette région. Les jeunes femmes entre 25 et 34 ans en particulier sont les plus gravement touchées : quinze fois plus d’entre elles sont mortes que la moyenne des jeunes femmes dans leur tranche d’âge. Cela corrobore, hélas, exactement les chiffres de 1976 : quarante après, toujours une surmortalité énorme des femmes étant ou ayant été « soignées » en psychiatrie…

Malheureusement, l’étude en Nord-Pas-de-Calais reste statistique et ne fait pas le lien entre surmortalité et prise de médicaments psychotropes, alors que ces derniers provoquent parfois des pulsions auto-agressives ou agissent dangereusement au niveau pneumo-cardio-vasculaire. L’étude finlandaise évoquée plus haut et publiée en 2006, elle, faisait ce lien et évoquait le fait que les neuroleptiques diminuaient l’espérance de vie.