Statistiques 2015 du nombre de psychiatrisés, risques d’ASPDRE

Des statistiques sur le nombre de patients suivis en psychiatrie en France en 2015, ont été publiées par l’Agence technique de l’informatisation sur l’hospitalisation (ATIH) à l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale (10 octobre 2016). Le texte de l’ATIH intitulé Chiffres Clés donne des  chiffres qui paraissent ronds parce qu’ils sont donnés au millier près : deux millions de patients pris en charge en ambulatoire, 419 000 (soit 6 pour 1 000 habitants) patients hospitalisés dans les 569 structures psychiatriques que compte notre pays. Parmi eux, 347 000 sont « pris en charge à temps complet ».
Le nombre des hospitalisations sans consentement (HSC) ne cesse d’augmenter.
Toujours selon les statistiques de l’ATIH, en 2015, les HSC ont concerné  79 000 patients dont 99% ont été traités dans les établissements sous DAF (Dotation annuelle de financement), c’est-à-dire les établissements publics. Cela représente une augmentation de 4 000 personnes en HSC par rapport à 2014. En 2015, les HSC représentaient donc 22,76 % du total des hospitalisations complètes tous établissements confondus, mais 28,62 % des prises en charge à temps complet dans les établissements publics (sous DAF). Près d’un patient sur trois hospitalisé à temps complet en psychiatrie publique est là sans son consentement…
Ce constat de l’ATIH recoupe celui de diverses instances telles le Contrôleur général des Lieux Privatifs de Liberté (CGLP), le Pôle d’évaluation de la justice civile (PECS), l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes)… Depuis 2006 à nos jours, le nombre des HSC a considérablement augmenté (de 44 000 à 79 000). Le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (CCOMS) dirigé par Jean-Luc Roelandt (dans le Nord-Pas-de-Calais), un des très rares psychiatres français très critique des hôpitaux psychiatriques et co-fondateur du mouvement de la psychiatrie citoyenne, a mis en œuvre une étude sur les HSC demandées par le représentant de l’Etat (ASPDRE). Cette étude est encore en cours, mais d’ores et déjà, le CCOMS a pu constater que selon le département où l’on habite, on a près de dix fois plus de risques d’être hospitalisé sur ordre du préfet ! Ce risque d’enfermement pour prétendus trouble à l’ordre public ou mise en danger d’autrui est donc à géométrie très variable selon l’atavisme ou la coutume en usage localement chez les préfets, maires, policiers,  gendarmes, médecins généralistes et psychiatres.